Il existe plusieurs erreurs commises lors de l’évaluation d’une entreprise. Certains professionnels donnent des avis de valeur marchande pour l’entreprise de leur client. Les erreurs commises peuvent sous ou surévaluer l’entreprise de la moitié ou du double en comparaison avec sa vrai ‘juste valeur marchande’ calculée par un expert évaluateur. Les 5 erreurs suivantes ne sont que mon ‘humble’ opinion :

  1. Erreur dans le taux de rendement (ou multiple) choisi : Premièrement, il est important de comprendre que le multiple dont on entend souvent parler est l’inverse du taux de rendement qu’un investisseur va vouloir obtenir pour une entreprise spécifique. Si le taux de rendement recherché pour une entreprise spécifique est de 25%, alors le multiple à utiliser pour calculer la valeur de l’entreprise sera de 4x les bénéfices (l’inverse de 25% = 100/25 = 4). Pour le reste du blogue, je vais parler seulement de multiple afin de simplifier le texte.Le multiple utilisé contre les bénéfices doit être en concordance avec le type de bénéfice utilisé (e. i bénéfices nets, BAIIA, BAI, BAII, etc.). Par exemple, il est possible d’arriver à un multiple de 6x les bénéfices nets après impôt OU utiliser un multiple de 4x fois le BAIIA. Par contre, les deux conclusions doivent donner la même valeur. Alors il est très important d’utiliser le bon multiple avec le bénéfice caractéristique correspondant.L’erreur la plus souvent commises est de se fier sur le BAIIA et d’utiliser un multiple de 4x. Le multiple du BAIIA ne considère pas les éléments de valeur clés tels, les dépenses en capital exigées, les besoins en fond de roulement afin de supporter la croissance, les impacts fiscaux qui affectent la liquidité disponible à l’actionnaire, etc. De plus, le multiple de 4x, trop fréquemment véhiculé, est seulement une moyenne de plusieurs moyennes. En fait, chaque secteur d’activité a un multiple moyen qui lui est propre et qui peut être différent d’un multiple de 4x. Par exemple, le multiple utilisé pour les entreprises du secteur des ressources minières est beaucoup plus faible que le multiple dans l’industrie des services financiers. Et à l’intérieur d’un même secteur d’activité, l’entreprise qui ‘lead’ le marché et est en croissance stable aura un multiple beaucoup plus élevé que son compétiteur qui vient d’entrer le marché dont les opérations sont encore instables. Je vous réfère à mon blogue:

    Quel multiple utiliser afin d’évaluer la valeur de votre entreprise?’

    afin de connaitre comment identifier le bon multiple pour une entreprise.

  2. Plusieurs ne tiennent pas compte des escomptes, principalement celle dans une participation minoritaire, et celle dans une entreprise privée:

    • Participation minoritaire : Une participation minoritaire dans une entreprise est considérée valoir moins qu’une participation majoritaire dans cette même entreprise puisque l’actionnaire minoritaire ne peut jouir des mêmes bénéfices que l’actionnaire majoritaire. Le minoritaire ne bénéficie pas du control et du pouvoir au niveau des décisions à prendre. Cette perte de jouissance doit se traduire par un escompte de valeur;

    • Escompte pour entreprise privée : une entreprise privée ne bénéficie pas d’un marché boursier ou les investisseurs transigent des titres publiquement. Il est donc plus difficile et plus long d’échanger son investissement en contrepartie d’un montant d’argent dans un temps raisonnable. Cette difficulté à convertir facilement et rapidement les actions en argent (liquide) doit se traduire par un escompte d’illiquidité (ou de commercialisation). Il est important d’ajuster la valeur de l’entreprise en fonction de ces deux facteurs d’escompte;

  3. Omission d’ajouter à la valeur d’exploitation de l’entreprise, les actifs excédentaires (non-opérationnels) qui apparaissent au bilan: Le bilan présente les éléments d’actifs opérationnels que l’entreprise nécessite afin de générer le bénéfice caractéristique tenu en compte dans la valeur d’exploitation. Il est essentiel d’analyser quel est le fond de roulement nécessaire afin de générer le bénéfice caractéristique choisi. La différence entre le fond de roulement nécessaire et celui qui apparait au bilan de l’entreprise doit être ajouté (ou diminué) à la valeur d’exploitation et est souvent oublié lors d’évaluation.Une autre erreur est d’ajouter la valeur de l’encaisse à la valeur d’exploitation sans même évaluer les besoins en liquidité que l’entreprise a besoin pour maintenir son fond de roulement.Finalement, le bilan peut contenir d’autres actifs excédentaires pouvant être retirés de l’entreprise sans même nuire à ses opérations. Ne pas considérer ces actifs sous-évalue la valeur de l’entreprise. Les exemples les plus connus sont les immobilisations (voitures, équipements, immobiliers, etc.) non-utilisés aux fins de l’entreprise, des stocks désuets, avances à des employés ou actionnaires, etc.

  4. Utiliser la bonne méthode d’évaluation selon le contexte de l’entreprise : Trop de comptables ou banquiers soit utilisent seulement la méthode de l’actif net, soit utilisent seulement la méthode des multiples. Il est essentiel de regarder le contexte de l’entreprise. Est-ce que l’entreprise est profitable ou à perte? Est-ce une entreprise d’investissement ou une entreprise de courtage? Est-ce que l’entreprise est toujours en opération? Je vous réfère à mon blogue:

    ‘Quelle est la meilleure méthode pour évaluer votre entreprise?’

    afin de connaitre quel méthode utiliser en fonction du contexte de l’entreprise.

  5. Lors d’un mandat d’évaluation utilisant la méthode d’actualisation des projections financières, celles-ci sont très souvent non réalistes : La plupart du temps les projections comprennent des défis qui tentent d’améliorer les résultats de l’entreprise. D’autres fois, c’est simplement le positivisme du propriétaire qui rend la croissance projetée difficilement atteignables.Faire croitre une entreprise exige des investissements dans de nouveaux actifs capitalisables, des sorties de fonds souvent ignorées. De plus, augmenter les ventes mène à de plus grands comptes à recevoir, un plus grand inventaire, et d’autres augmentations d’actifs courts termes. Les comptes de passifs courts termes seront aussi affectés par la croissance puisqu’ils ne font pas partie des dépenses récurrentes.

  6. Et voici une autre erreur en bonis!! Plusieurs professionnels font une moyenne des méthodes d’évaluation utilisées pour conclure sur une juste valeur marchande: Ça ne fait pas de sens de faire une moyenne des différentes méthodes puisque tel que mentionné à l’erreur #4, le contexte de l’entreprise devrait faire en sorte de privilégier une méthode. C’est important d’utiliser plusieurs méthodes, mais l’évaluateur professionnel doit conclure et juger lequel des méthodes utilisées doit être privilégiés.

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